États-Unis : offensive judiciaire contre la politique Trump sur les soins liés à l’identité de genre

Un collectif de fonctionnaires fédéraux conteste la décision de l’administration Trump de restreindre l’accès aux traitements d’affirmation de genre.

Selon des informations rapportées par Reuters, un groupe de salariés de l’administration fédérale a saisi, jeudi 1er janvier 2026, la justice pour contester la suppression programmée de la prise en charge des soins d’affirmation de genre par l’assurance maladie.

Dans le cadre du déploiement de son agenda conservateur, l’administration Trump, par l’intermédiaire de l’Office of Personnel Management (OPM), l’agence chargée de la gestion des ressources humaines du gouvernement fédéral, a instauré un nouveau dispositif d’assurance.

Ce dernier stipule que, pour l’année de plan 2026, les programmes FEHB et PSHB n’incluront plus les « modifications chimiques et chirurgicales des caractéristiques sexuelles d’un individu », y compris les services de transition de genre, quel que soit l’âge des patient·es ou le diagnostic posé.

La mesure, entrée en vigueur le 1er janvier, concerne des millions d’agents fédéraux et les employés de la Poste américaine bénéficiant des couvertures santé administrées par l’OPM, notamment les travailleurs et travailleuses transgenres, ainsi que leurs proches.

Une politique jugée discriminatoire

La plainte déposée par la Human Rights Campaign Foundation au nom de ces agents avance trois principaux griefs. D’abord, la réforme viserait de manière injuste un groupe spécifique de salarié·es. Ensuite, elle irait à l’encontre des standards médicaux reconnus.

Enfin, elle instaurerait une inégalité d’accès aux soins, en contradiction avec le principe d’égalité de traitement entre employés fédéraux. Pour cause, les grandes organisations médicales considèrent depuis longtemps les soins d’affirmation de genre comme médicalement indispensables pour de nombreux patients.

Les médecins et autres professionnels de santé alertent sur le fait que restreindre l’accès à ces prises en charge risque d’aggraver les troubles de santé mentale et de détériorer globalement l’état de santé des personnes concernées.

Une détermination à toute épreuve

Pour les plaignants, il s’agit d’une démarche profondément discriminatoire et contraire aux protections fédérales en matière d’emploi. Ils demandent donc l’annulation de cette politique, ainsi qu’une indemnisation pour les préjudices économiques et moraux déjà subis ou susceptibles de survenir.

De son côté, l’équipe Trump soutient que cette orientation vise à protéger les contribuables et à empêcher que les régimes de santé fédéraux ne financent ce qu’elle qualifie de « traitements controversés ».

Si l’Office of Personnel Management ne revient pas sur sa position, les requérants entendent porter le dossier devant l’Equal Employment Opportunity Commission (EEOC), l’agence fédérale compétente en matière de plaintes pour discrimination au travail.

À terme, l’ambition affichée est de préparer, selon Reuters, un recours collectif devant les juridictions fédérales. Des spécialistes du droit anticipent une bataille judiciaire susceptible de durer plusieurs années et de traverser potentiellement plusieurs administrations présidentielles.

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