Un projet de loi entend accorder une protection à ces félins devenus de véritables symboles de la vie urbaine new-yorkaise.
Les chats new-yorkais ne sont décidément pas des félins comme les autres. À tel point que deux propositions de loi sont actuellement à l’étude pour leur accorder des droits.
La première, introduite au niveau municipal par Keith Powers (aujourd’hui limité par le nombre de mandats) puis réintroduite par Frank Morano, vise à interdire aux agences de la ville d’infliger des amendes aux commerces qui hébergent ces animaux. Elle prévoit également des campagnes gratuites de vaccination et de stérilisation.
De son côté, la députée Linda Rosenthal va plus loin avec la création au niveau de l’État, des premières “normes officielles de soins responsables”. Celles-ci incluraient des visites vétérinaires obligatoires, des vaccinations, la stérilisation, des zones réservées aux chats, ainsi qu’un accès garanti à la nourriture, à l’eau et à un espace de repos adéquat.
Derrière cette double initiative transparaît la volonté de sortir ces compagnons poilus de la clandestinité et de combler le vide juridique qui les entoure. Souvent qualifiés de “chats de travail”, les “bodega cats” — ainsi nommés en référence aux petites épiceries de quartier typiques de New York, très répandues dans les quartiers hispaniques et afro-américains — sont devenus de véritables mascottes urbaines.
Des alliés précieux
Ils se promènent entre les rayons, somnolent sur des paquets de chips et séduisent la clientèle. Mais surtout, leur talent de chasseurs de rongeurs rend de précieux services aux commerçants.
Pourtant, ces félins chéris des habitants comme des épiciers sont officiellement… interdits. Le code sanitaire de New York prohibe en effet la présence d’animaux dans les établissements alimentaires.
Simba, grand matou roux et blanc appartenant à Austin Moreno, commerçant de Manhattan, illustre parfaitement cette contradiction. « Simba est très important pour nous, car il maintient la boutique à l’abri des souris », confie-t-il à l’AFP, heureux de voir certaines clientes revenir quotidiennement pour le saluer.
À l’image de Simba, des milliers de chats peuplent les quelque 10 000 bodegas de la ville, malgré les amendes de 200 à 350 dollars prévues pour tout animal repéré dans un commerce d’alimentation.
Entre patrimoine urbain et défi animalier
« Ces chats font partie intégrante du tissu de New York, et leur histoire mérite d’être racontée », estime Dan Rimada, fondateur du compte Instagram Bodega Cats of New York, où il partage des clichés de ces vedettes à moustaches.
Sa pétition, lancée en 2024 pour légaliser leur présence avant même les propositions de loi, a recueilli près de 14 000 signatures. Il salue donc avec enthousiasme les récentes avancées législatives.
Toutefois, certaines associations de protection animale alertent sur les risques d’abus si la légalisation se fait sans encadrement strict. Elles préfèrent que la menace d’amendes demeure, afin d’encourager les commerçants à garantir de bonnes conditions de vie à leurs compagnons à quatre pattes.
