Affaire Elisa Pilarski : mobilisation pour épargner Curtis

De nombreux appels ont été lancés afin d’éviter la mise à mort de ce pitbull, alors que la justice française a ordonné son euthanasie pour avoir grièvement blessé à mort la compagne de son propriétaire il y a près de sept ans.

C’est une solidarité d’un autre genre qui s’exprime depuis le 5 mars sur la plateforme Change.org. Sous l’intitulé « Grâce pour Curtis », plus de 30 000 personnes ont déjà signé une pétition réclamant la survie de Curtis.

Mais Curtis n’est pas un homme, il s’agit d’un pitbull âgé de huit ans et demi, menacé de mise à mort après avoir été impliqué dans une affaire tragique. La semaine dernière, la justice a en effet requis son exécution à l’issue d’un procès hors norme, dans lequel comparaissait son propriétaire, Christophe Ellul.

Ce dernier encourt quatre ans d’emprisonnement avec sursis. Il est poursuivi pour homicide involontaire aggravé sur sa compagne, Elisa Pilarski, tuée le 16 novembre 2019 à Saint-Pierre-Aigle, petit village de l’Aisne situé en bordure de la forêt de Retz.

Ce jour-là, tandis que son partenaire travaillait à Roissy, Elisa promenait Curtis — un American Pit Bull Terrier, catégorie interdite en France — à travers les bois. À 13 h 19, elle appelle Christophe, affolée. Elle dit notamment être encerclée par des chiens et incapable de maîtriser le sien. Ce sera son dernier appel.

Curtis, l’arme au bout de la laisse

Christophe quitte précipitamment son travail et tente désespérément de la joindre. Sans réponse. Arrivé sur place, il croise un chasseur à cheval et lui demande s’il a vu une femme accompagnée d’un chien. Guidé par les aboiements, il finit par découvrir le corps, à moitié dénudé et grièvement mutilé, de sa compagne.

Le décès — causé par une hémorragie massive consécutive à de multiples morsures aux jambes, aux bras et à l’entrejambe — est estimé entre 13 h 16 et 13 h 23. Elisa, enceinte de six mois, a également été scalpée ; son bébé n’a pas survécu, faute d’oxygène.

Rapidement, deux thèses émergent. La première, défendue par Ellul, met en cause les vingt et un chiens d’une chasse à courre présente ce jour-là. La seconde désigne Curtis. Les premiers signaux d’agressivité du chien apparaissent dès l’enquête. Lors d’une audition, il attrape violemment la manche de son maître et refuse de lâcher prise.

« Curtis a déjà payé un prix immense »

Confié peu après à un refuge de Seine-et-Marne, Curtis mordra une bénévole au mollet, nécessitant douze points de suture. Des experts comportementalistes confirmeront ensuite un profil jugé « nerveux, agressif et entraîné au mordant », une pratique visant à saisir et maintenir un objet sans relâcher.

Il aurait « mordu jusqu’à l’épuisement ». L’analyse ADN révèle par ailleurs la présence de traces de Curtis sur le corps d’Elisa, notamment sur sa chevelure arrachée. Alors que la justice demande à l’euthanasier, plusieurs associations animalistes appellent à la clémence, estimant que l’animal a déjà payé un prix immense pour être resté enfermé en chenil depuis l’éclatement de l’affaire.

« Une alternative sérieuse, responsable et sécurisée existe », affirme le collectif Grâce pour Curtis, qui plaide pour une rééducation du chien. Rende-vous le le 11 juin prochain pour le verdict.

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