L’instance mondiale du football a officialisé une nouvelle politique globale obligeant chaque équipe nationale féminine à intégrer des femmes à des postes clés de son encadrement technique et médical.
Réuni jeudi à Zurich en session ordinaire, le comité exécutif de la FIFA a entériné une nouvelle réglementation imposant la présence d’au moins une femme au sein du staff technique de chaque équipe engagée dans les compétitions féminines placées sous sa responsabilité.
Concrètement, toute sélection nationale devra compter au minimum une femme à la tête du staff ou au poste d’adjointe. Le dispositif prévoit également la présence obligatoire d’une femme médecin au sein de l’équipe médicale. De manière générale, lors de chaque rencontre, au moins deux officiels assis sur le banc devront être des femmes.
Cette mesure prendra effet dès cette année à l’occasion de la Coupe du monde féminine U17, de la Coupe du monde U20 et de la Women’s Champions Cup. Trois épreuves phares du calendrier international qui serviront donc de premier terrain d’expérimentation à cette réforme structurelle.
« Nous devons soutenir le football féminin non pas seulement en paroles, mais aussi par des actions concrètes, tangibles et réelles », a insisté le président de la FIFA, Gianni Infantino.
Un « strict minimum » pour aller plus loin
Pour le dirigeant, il s’agit d’un « strict minimum absolu ». « Si cela n’avait dépendu que de moi, j’aurais voulu aller encore plus loin », a-t-il ajouté. L’objectif à long terme consiste à favoriser l’émergence d’une nouvelle génération de professionnelles dans toutes les sphères de l’encadrement sportif.
Cela va de l’entraînement, à la médecine du sport, sans oublier le management ou encore la logistique. Une ambition qui ne peut se concrétiser qu’en brisant les plafonds de verre ayant longtemps tenu les femmes à l’écart des postes de décision dans le monde du football.
Comme le rappelle RMC Sport, lors de la dernière Coupe du monde féminine en 2023, disputée en Australie et en Nouvelle-Zélande, seules 12 des 32 équipes étaient dirigées par une femme, un ratio identique à celui observé quatre ans plus tôt en France.
Un défi pour les ligues nationales
Au-delà des sélections nationales, c’est l’extension de cette obligation aux clubs qui constitue l’aspect le plus significatif — et le plus contraignant — de cette réforme. La FIFA envoie ainsi un signal clair selon lequel la féminisation des staffs techniques relève désormais d’une exigence institutionnelle, non d’un choix laissé à la bonne volonté des dirigeants.
Crystal Davis, présentatrice de la chaîne YouTube Tawa TV a directement interpellé la Jamaica Women’s Premier League, estimant que le championnat féminin jamaïcain devait se mettre en ordre de marche sans tarder pour satisfaire aux nouvelles exigences.
Au-delà de la symbolique et de la portée politique de cette décision, plusieurs observateurs soulignent aussi les enjeux pratiques. Certaines situations du quotidien sportif — blessures, questions de santé ou d’intimité — peuvent se révéler délicates à évoquer avec un encadrant masculin, par simple souci de dignité et de confiance.
