Malgré des décennies de progrès législatifs, les femmes ne bénéficient toujours, en moyenne, que des deux tiers des droits économiques légaux accordés aux hommes à travers le monde, selon un nouveau rapport de la Banque mondiale.
C’est un constat préoccupant que dresse le « Women, Business and the Law », publication annuelle phare de la Banque mondiale consacrée à l’évaluation de l’égalité juridique entre femmes et hommes dans l’emploi et l’entrepreneuriat.
Parue dans son édition 2026 ce mardi 24 février, l’étude analyse les lois et politiques affectant les perspectives économiques des femmes dans 190 pays. Elle met en lumière un écart « scandaleusement large » entre les textes garantissant l’égalité des genres et leur mise en œuvre effective.
Si le cadre légal obtient une moyenne de 67 sur 100 pour la reconnaissance des droits économiques des femmes, la note tombe à 53 lorsqu’il s’agit de leur application concrète, puis à 47 en évaluant la solidité des infrastructures, programmes et institutions censés les soutenir.
Conséquence : moins d’une femme sur vingt vit dans un pays où l’égalité juridique est presque totale. Aucun État, selon le rapport cité par Reuters, n’assure encore l’ensemble des droits ouvrant la voie à une pleine participation féminine à la vie économique.
Un frein structurel à la croissance mondiale
Un tel décalage, loin d’être une simple question de justice sociale, représente selon les auteurs un véritable obstacle structurel aux performances économiques mondiales.
En effet, derrière les chiffres se cache une réalité brutale : quand les lois empêchent les femmes de travailler, de créer des entreprises ou d’accéder à la propriété dans les mêmes conditions que les hommes, ce sont des économies entières qui y perdent.
Le rapport souligne un paradoxe : même dans les pays ayant réformé leur cadre juridique, les femmes continuent de faire face à des obstacles concrets freinant leurs ambitions professionnelles ou leur capacité à créer des entreprises.
Une transformation profondément inégale
Cette situation est jugée « absurde » par les auteurs du rapport, particulièrement dans le contexte économique actuel où de nombreux États peinent à stimuler leur croissance et doivent composer avec le vieillissement de leur population active.
Lancé dans les années 1970, Women, Business and the Law s’est imposé comme la référence mondiale en matière de documentation des inégalités juridiques entre hommes et femmes dans la sphère économique.
Le projet a répertorié des milliers de réformes législatives sur plus d’un demi-siècle, offrant une perspective historique sans équivalent sur l’évolution des droits des femmes à travers le monde.
Le rapport s’articule autour de dix domaines couvrant l’ensemble du cycle de vie professionnelle d’une femme : la mobilité, la sécurité personnelle, les protections sur le lieu de travail, la rémunération, l’accès aux services de garde d’enfants, l’entrepreneuriat, la propriété d’actifs et les droits à la retraite.
