L’asile en Australie pour cinq footballeuses iraniennes

Après avoir refusé d’entonner l’hymne national avant un match de la Coupe d’Asie féminine, ces membres de l’équipe d’Iran ont obtenu la protection des autorités australiennes.

« Elles seront en sécurité ici. Elles se sentiront chez eux ici. Elles sont les bienvenues en Australie ». Tels sont les mots d’espoir adressés, le 10 mars dernier, par le ministre australien des Affaires intérieures, Tony Burke, aux cinq joueuses de la sélection féminine iranienne désormais bénéficiaires de l’asile en Australie.

Un dénouement salué par le Premier ministre Anthony Albanese, qui les a qualifiées de « courageuses ». L’affaire avait éclaté huit jours plus tôt, lors du premier match de l’Iran dans le cadre de la Coupe d’Asie féminine de football, organisée en Australie jusqu’au 21 mars.

Lorsque l’hymne iranien a retenti avant la rencontre face à la Corée du Sud, aucune des joueuses n’a chanté. Un silence saisissant, filmé et relayé, aussitôt interprété comme un geste de défi à l’égard du régime de Téhéran.

En Iran, la réaction a été immédiate. Plusieurs commentateurs proches du pouvoir ont qualifié ce geste de trahison, voire de « trahison de guerre », un crime qui, dans le Code pénal iranien, est passible de la peine de mort.

Pression, confinement et signe de détresse

Visiblement sous contrainte, les mêmes joueuses ont adopté une attitude radicalement différente lors du deuxième match, face à l’Australie, en entonnant cette fois l’hymne et allant même jusqu’à effectuer un salut militaire pendant l’interprétation.

Ce revirement n’a fait qu’accentuer les interrogations sur leurs conditions de vie durant la compétition.

Cloîtrées dans un hôtel sous étroite surveillance, les joueuses n’étaient autorisées à quitter leur chambre que pour les entraînements, les matchs et les repas pris collectivement, dans un isolement total du reste du pays hôte, selon la presse australienne.

La situation a basculé à l’issue de leur troisième et dernier match, perdu et synonyme d’élimination, donc d’un retour imminent en Iran. Alors que le bus quittait le stade, une joueuse aurait discrètement adressé un signe codé pour signaler qu’elle était en danger.

Un véritable soulagement

La scène, filmée puis relayée sur les réseaux sociaux, a déclenché un élan de solidarité. Des supporters ont bloqué le bus en réclamant la libération des joueuses.

L’intervention du gouvernement australien, encouragée notamment par le président américain Donald Trump, a dès lors été accueillie comme un véritable soulagement, selon Tony Burke.

« Je ne peux imaginer à quel point cette décision a dû être difficile pour chacune d’elles », a-t-il déclaré, cité par Associated Press. Les autorités australiennes précisent que d’autres membres de l’équipe pourraient également bénéficier de l’asile si elles en font la demande.

« Je leur ai dit que, si elles acceptaient cette offre, elles auraient un bel avenir ici. Elles seront davantage respectées. Elles ne subiront pas la répression qu’elles connaissent dans leur pays. Et elles étaient ravies », a déclaré Naghmeh Danai, agente de l’immigration et membre de la communauté irano-australienne, impliquée dans la procédure.

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