La ministre suédoise du Climat, Romina Pourmokhtari, a marqué les esprits en venant avec son fils de trois mois à une réunion du Conseil de l’UE. Un geste à forte portée symbolique en faveur de l’inclusion familiale.
« Bonjour. Très heureuse d’être de retour au Conseil et impatiente de participer aux discussions d’aujourd’hui sur de nombreux sujets. Heureuse aussi de montrer par l’exemple qu’il n’est pas nécessaire de choisir entre être une ministre présente et une mère présente. »
C’est par ces mots que Romina Pourmokhtari s’est présentée, jeudi 25 juin à Luxembourg, lors d’une réunion ministérielle de l’Union européenne, accompagnée de son nourrisson de trois mois dans un porte-bébé, tandis qu’un assistant poussait la poussette.
Ce geste, inédit à ce niveau institutionnel, bouscule les conventions entourant la conciliation entre maternité et fonctions politiques. Dans un contexte où les droits des femmes font l’objet de débats contrastés, l’Europe ne se positionne pas toujours en chef de file sur ces questions, malgré ses ambitions affichées.
La Suède comme modèle
Parmi les 27 États membres, la Suède est souvent citée en exemple. Son système de congé parental prévoit en effet 480 jours indemnisés par enfant, dont 390 jours proportionnels au revenu et 90 jours à un niveau forfaitaire, avec une part réservée à chaque parent afin d’encourager un partage équilibré.
Les parents peuvent également recourir à 60 « jours doubles » durant les 15 premiers mois de l’enfant, leur permettant de s’absenter simultanément. Pour ceux qui ne remplissent pas les conditions d’indemnisation, une allocation minimale de 250 couronnes suédoises (un peu plus de 20 euros) par jour est prévue.
Ce modèle fait aujourd’hui l’objet de discussions dans le cadre du débat électoral en Suède, à l’approche du scrutin de septembre. L’initiative de Pourmokhtari s’inscrit toutefois dans une dynamique déjà observée ailleurs.
« Un endroit merveilleux où vivre »
En 2018, l’ancienne Première ministre néo-zélandaise Jacinda Ardern avait elle aussi fait sensation en amenant sa fille de trois mois à l’Assemblée générale des Nations unies, une première dans l’histoire de l’ONU.
Un an plus tôt, la sénatrice australienne Larissa Waters était devenue la première femme à allaiter son nouveau-né dans l’enceinte du parlement national. Dans la foulée, le Parlement européen avait lui-même modifié son règlement intérieur pour permettre aux jeunes mères de voter par procuration.
« Je pense qu’il y a de nombreuses choses qui font de l’Europe un endroit merveilleux où vivre. L’une d’entre elles est justement le fait que nous pouvons avoir la possibilité d’assister à des réunions tout en nous occupant de mon enfant », a déclaré Romina Pourmokhtari, dont les images de son bébé blotti contre sa poitrine font depuis le tour du monde.
Pour Krzysztof Bolesta, vice-ministre polonais du climat, interrogé par Reuters, il s’agit d’un acte formidable. « Ce n’est pas un handicap, c’est simplement une partie de la vie », a-t-il souligné.
