35ème campagne des restos du cœur : Aller plus loin que l’aide alimentaire

Le 26 novembre dernier débutait la 35ème édition des “restos du cœur”. Dans un climat social plus que tendu, cette édition était l’occasion pour de l’association de replacer la solidarité au cœur des débats.

Continuer la lutte contre la pauvreté

Lors de la campagne 2018/2019, les 73 000 bénévoles de l’association ont accueilli près de 900 000 personnes. Un chiffre en constante augmentation, en corrélation directe avec la hausse du nombre de personnes vivant sous le seuil de pauvreté en France.

L’évolution des profils bénéficiaires des restos du cœur alerte aussi l’association. En 2019, 51% des personnes accueillies dans les centres avaient moins de 26 ans, mais surtout, 39% étaient mineurs. Les restos du cœur craignent s’alarment également sur le niveau de vie des personnes accueillies : 80% vivent avec moins de 513 euros par mois, et 20% sont sans ressources. Des chiffres qui, pour l’association, relèvent de “situations de précarité inacceptables“.

Avec le lancement de leur 35e campagne, les restos du cœur ont défini trois grands enjeux pour 2020. En plus de continuer à fournir une aide alimentaire, l’association espère développer de nouvelles formes de générosité et d’engagement, tout en luttant contre l’isolement et les personnes précaires.

1 repas distribué sur 4 menacé pour les années à venir

L’année 2020 sera une année charnière dans la lutte contre la précarité. Un quart des repas distribué par les restos du cœur est financé par le Fond Européen d’Aide au plus Démunis (FEAD). Cependant, une révision de l’enveloppe allouée à ce financement solidaire est à l’étude pour la période 2021-2027.

La crainte des associations d’aide au plus démunis vient du fait que la Commission européenne risque d’intégrer le FEAD dans un fond social plus large et ainsi, réduire le budget qui lui est alloué. Une baisse significative à l’échelle européenne, puisque le FEAD ne disposerait plus que de 2 milliards d’euros, contre 3,8 milliards aujourd’hui.

Faire mieux que l’an passé, le paradoxe des restos du cœur

Face à cette possible baisse de l’enveloppe du Fond Européen d’Aide au plus Démunis, l’association des restos du cœur cherche à développer de nouvelles aides à travers les bénévoles. Ainsi, les bénévoles ont pu développer différentes missions sociales, qui tendent à se détacher des aides financières.

Les restos du cœur proposent alors des aides qui deviennent de puissants moteurs d’inclusion sociale. Des cours de français, des chantiers d’insertions professionnelle, une aide juridique ou encore un accès aux loisirs sont quelques exemples des missions assurées par l’association au cours de sa campagne.

Si ce développement de nouvelles aides aux plus démunis assure une forte implication de la part des bénévoles, il ne faut pas oublier qu’une association comme les restos du cœur a pour mission principale la lutte contre la précarité. Or, la hausse du nombre de personnes accueillies chaque année témoigne d’une inégalité toujours plus forte dans notre pays. Un paradoxe, où, les restos du cœur se retrouvent à devoir toujours faire plus chaque année, alors qu’un gage de la bonne santé d’une société tendrait à ce qu’ils doivent faire moins…

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