France : la pilule perd sa couronne, place au stérilet

Le dispositif intra-utérin (DIU) s’impose désormais comme le moyen de contraception le plus utilisé par les Françaises. Un changement observé au quotidien par les professionnels de santé.

C’est un basculement que peu auraient sans doute anticipé il y a une décennie. Longtemps considérée comme un symbole de l’émancipation féminine, la pilule contraceptive recule en France.

Selon une étude publiée par Santé publique France dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire et relayée par Le Parisien, le stérilet s’impose désormais, pour la première fois, comme la méthode de contraception la plus utilisée par les Françaises, avec 27,9% contre 26,6% pour la pilule.

Cette dernière reste toutefois dominante chez les plus jeunes, notamment les 18-29 ans. « Quand j’avais 20 ans, la pilule représentait la liberté. (…) J’ai l’impression que nous l’avons un peu oubliée », confie Dominique, 76 ans, interrogée par Le Parisien, non sans une certaine nostalgie.

Qu’est-ce qui a donc changé entre-temps ? La réponse repose, selon Marion, sage-femme interrogée dans l’émission « Les Auditeurs ont la parole » avec Céline Landreau sur RTL, sur une combinaison de facteurs.

Une quête de naturalité tranquilité

D’après elle, l’argument principal avancé par les patientes est la volonté de ne plus « introduire d’hormones » dans leur organisme. Cette évolution s’inscrit dans une démarche plus globale, mêlant recherche de solutions jugées plus naturelles et, parfois, préoccupations environnementales.

Mais au-delà de cet aspect, la contrainte quotidienne liée à la pilule joue également un rôle important. La nécessité de prendre un comprimé chaque jour à heure fixe, sans oubli, représente une discipline difficile à maintenir pour beaucoup, tandis que la crainte de l’oubli constitue une source de stress.

À l’inverse, le dispositif intra-utérin, une fois mis en place, assure une efficacité pouvant aller jusqu’à cinq ans sans intervention quotidienne, un avantage déterminant dans le choix des patientes. La praticienne souligne aussi une dimension générationnelle dans ces décisions.

Chez les adolescentes, les choix sont souvent influencés par les réseaux sociaux, où certaines influenceuses affichent ouvertement leur abandon de la pilule.

Une tolérance variable selon les profils

Chez les femmes d’une trentaine d’années, la réflexion repose davantage sur l’expérience personnelle, après avoir testé différentes méthodes contraceptives au fil du temps.

Plus largement, la tolérance aux contraceptifs varie fortement d’une personne à l’autre. Certaines ne signalent aucun effet secondaire, tandis que d’autres évoquent une baisse de libido ou des variations d’humeur, y compris avec des traitements similaires.

Marion rappelle que les pilules se divisent en deux grandes catégories : les œstroprogestatives, qui bloquent l’ovulation, et les progestatives, qui agissent principalement en épaississant la glaire cervicale afin d’empêcher le passage des spermatozoïdes.

Du côté des dispositifs intra-utérins, le modèle au cuivre fonctionne sans hormones, via une action locale qui provoque une réaction inflammatoire à effet spermicide et empêche, le cas échéant, la nidation d’un embryon.

Le DIU hormonal, quant à lui, combine un effet inhibiteur sur l’ovulation et un épaississement de la glaire cervicale, selon un mécanisme proche de celui des pilules progestatives.

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