Dans le Colorado, ces rongeurs alpins sont au centre d’une opération de monétisation atypique lancée par des chercheurs confrontés aux restrictions fédérales imposées par l’administration Trump.
Vous connaissez sans doute Onyfans, voici désormais OnlyMarms. Formé par la contraction de la plateforme de contenus pour adultes – Onlyfans – et de marmottes, le terme désigne l’initiative de promotion de ces animaux de la famille des Sciuridae (les écureuils) venue des États-Unis.
Lancé fin mai 2026 par l’équipe de recherche du Mountain Biological Laboratory dans le Colorado, le compte vise à soutenir le Marmot Project, l’une des études les plus emblématiques et les plus longues de l’écologie comportementale.
Concrètement, le projet fondé en 1962 met en exergue l’héritabilité des comportements, la dynamique des groupes familiaux et les effets du changement climatique sur la population de marmots, qui compte environ une quinzaine d’espèces.
OnlyMarms propose ainsi des vidéos de marmottes en liberté, filmées en train de se nourrir, d’émettre des cris d’alarme ou de sortir de leur terrier.
Un projet enthousiasmant
Selon Emily Renkey, doctorante en écologie et biologie évolutive à l’Université de Californie à Los Angeles (UCLA), et animatrice de la page, interrogée par Daily Bruin, l’abonnement reste gratuit et le financement repose sur les pourboires des internautes.
À en croire Cowboy State Daily et le site List25, la page a déjà permis de récolter entre 4000 et 5 000 dollars, une fois la commission prélevée par Onlyfans – 20% des montants générés – déduite. Le projet a été motivé par la coupe des financements fédéraux ordonnée par l’administration Trump.
« La situation du financement est si critique que nous nous tournons vers OnlyFans« , expliquaient ainsi les auteurs, dans une publication sur Instagram repérée par TF1. Interrogé par Live Science, Daniel Blumstein explique que l’idée lui est venue comme ça, plutôt fortuitement.
L’équipe de chercheurs, qui se surnomme elle-même les « Marmoteers », a également noué un partenariat avec une brasserie locale pour produire une bière en édition spéciale, une autre source de revenus destinée à soutenir les travaux du laboratoire.
Crise du financement scientifique
L’équipe a également créé la première édition de la « Fat Marmot Week », concours visant à désigner la marmotte ayant pris le plus de poids en hiver dans le but de fidéliser son audience.
« Ce n’est pas vraiment une histoire de marmottes, c’est l’histoire d’un système de financement scientifique », confie Daniel Blumstein à la plateforme Inside Edition, évoquant des budgets de recherche fondamentale de plus en plus difficile à mobiliser et des priorités de financement qui se déplacent ailleurs.
Il dit par ailleurs ne plus savoir quels appels à projets solliciter, tant les critères ont changé. « À moins d’avoir énormément de chance, cela ne remplacera pas les financements fédéraux qui ont stimulé la recherche aux États-Unis depuis les années 1950 », concède le scientifique, conscient du défi que posent désormais les restrictions budgétaires de la Maison Blanche.
