Le nouveau dispositif doit transmettre les bases de la finance aux élèves de quatrième, dans un contexte de déficit criant de connaissances des jeunes sur le sujet.
« Quels sont les synonymes du mot argent ? » Telle est l’une des questions auxquelles votre enfant pourrait être amené à répondre cette année s’il est en classe de quatrième. En effet, à compter de la rentrée 2026-2027, l’éducation financière sera enseignée au collège, notamment aux élèves de 4e.
Ce n’est pas exactement une nouveauté, puisque cet enseignement est déjà dispensé à titre expérimental dans certains établissements en France. Désormais, il doit être généralisé à l’ensemble des classes à partir de la quatrième, avec une extension progressive au collège, conformément à une décision entérinée en mai dernier.
À l’origine de cette mesure figure la stratégie nationale d’éducation économique, budgétaire et financière (EDUCFI), créée en 2016 à l’initiative de l’OCDE et portée par la Banque de France. Elle vise à renforcer les connaissances pratiques des Français en matière de finances : gestion du budget, outils bancaires, épargne, crédit, prévention des arnaques, etc.
Un passeport plutôt qu’un diplôme
Il ne s’agit pas d’une matière à proprement parler, mais d’un atelier de quelques heures organisé au cours de l’année, autour de thèmes tels que : comment gérer un budget ? Comment fonctionne un compte courant ? Qu’est-ce que l’épargne ? Qu’est-ce qu’un crédit ?
L’atelier sera dispensé soit par les professeurs principaux, qu’ils enseignent les mathématiques ou les SVT, soit par des membres du personnel de la vie scolaire. À l’issue du parcours, l’élève recevra une attestation, sous la forme d’un passeport EDUCFI, après une évaluation.
Selon Caroline Castets, rédactrice en chef du magazine Capital, l’ambition des deux ministères impliqués dans cette nouvelle initiative est, d’une part, de doter les jeunes d’un socle de connaissances de base et, d’autre part, de les familiariser avec des enjeux essentiels de la vie courante.
Un déficit criant
« L’idée, c’est de donner aux futurs citoyens des armes face à deux risques majeurs qui sont en forte hausse : d’une part, le surendettement ; d’autre part, les fraudes financières », explique la journaliste.
Cette initiative apparaît d’autant plus urgente que près de 16 000 dossiers de surendettement ont été recensés par le ministère de l’Économie et des Finances en mars 2015, soit une hausse de 18% par rapport à l’année précédente. Ces chiffres ne cesseraient de progresser, particulièrement chez les 18-24 ans, d’après la Banque de France.
Par ailleurs, 38% des personnes de cette tranche d’âge déclarent se tourner régulièrement vers l’intelligence artificielle pour obtenir des conseils financiers, selon RTL. D’après le baromètre sur l’éducation financière et budgétaire des enfants cité par M6 Info, 93% des enfants parlent d’argent avec leurs parents à la maison, contre 64% à l’école.
