La philanthrope américaine annonce une nouvelle mobilisation financière contre l’invisibilité médicale des femmes dans le monde.
Pour Melinda French Gates, « le rôle de la philanthropie est d’identifier les enjeux de société négligés, de les mettre en lumière et d’esquisser des solutions ». Elle a ainsi décidé de s’attaquer à la santé des femmes à l’échelle mondiale, en annonçant un investissement de 215 millions de dollars, jeudi 4 juin.
Ce financement, déployé via sa structure Pivotal, vise à améliorer la prise en charge de la ménopause, à soutenir la recherche sur les pathologies touchant spécifiquement ou de manière disproportionnée les femmes à mi-vie, tout en continuant à défendre l’accès à la contraception et à combler les lacunes en matière de santé maternelle.
« Il est évident que la santé des femmes est fondamentale ; elle doit aller bien pour bien vivre« , a déclaré l’ancienne épouse de Bill Gates dans un entretien accordé à Associated Press (AP). Aujourd’hui, une femme sur cinq attend plus d’un an avant qu’un médecin diagnostique sa périménopause, et que 5 % d’entre elles consultent jusqu’à onze praticiens avant d’obtenir un diagnostic.
Quand la santé devient une question de pouvoir économique
Le plus révélateur est que seulement un tiers des gynécologues-obstétriciens sont formés sur la ménopause, un constat qui a surpris French Gates elle-même lors de ses recherches.
« Je l’entendais de façon anecdotique de la part de femmes un peu plus jeunes que moi, et les données l’ont confirmé. C’est pour ça que tant de femmes ont du mal à se faire soigner« , a-t-elle expliqué au podcast The Excerpt de USA Today.
Au-delà de l’enjeu médical, c’est une crise économique silencieuse que dénonce celle dont les dons atteignent désormais 600 millions de dollars au cours des deux dernières années. En effet, une femme sur dix quitte actuellement le marché du travail à cause de la ménopause, et une sur cinq envisage de partir prématurément à la retraite.
Formation, recherche et équité au cœur du plan d’action
Ces départs surviennent précisément au moment où ces femmes atteignent le sommet de leur trajectoire professionnelle — à 40, 50 ans — avec toute l’expérience, le réseau et la formation accumulés pour accéder aux postes de direction.
Pour traduire ces constats en changements concrets, French Gates consacre 10 millions de dollars à la Menopause Society, dédiés à la formation des professionnels de santé et à l’extension de l’accès aux soins dans les zones les plus défavorisées.
L’objectif est d’intégrer cette formation dans un bien plus grand nombre de programmes de résidence en gynécologie-obstétrique, de médecine générale, et de la mettre entre les mains des infirmières.
La philanthrope insiste sur un point clé : quelle que soit la porte d’entrée dans le système de santé — clinique de proximité, médecin généraliste, sage-femme — chaque femme doit pouvoir obtenir des réponses fiables et adaptées.
