La tombola « 1 Picasso pour 100 euros » a fait salle comble cette année, récoltant plus de 12 millions d’euros destinés à financer la lutte contre la maladie d’Alzheimer.
« J’ai été surpris. Quand on tente sa chance, on ne s’attend pas à gagner. C’est juste du hasard ». Et pourtant, Ari Hodara est le nouveau propriétaire d’un chef-d’œuvre signé Picasso. Cet ingénieur logiciel parisien de 59 ans a été tiré au sort le 14 avril dernier à la maison de ventes Christie’s, dans le cadre de la tombola « 1 Picasso pour 100 euros ».
Lancée en 2013 par la productrice française Péri Cochin, cette initiative offre au grand public la possibilité de remporter une œuvre de l’artiste espagnol, estimée à environ un million d’euros, pour une mise de départ de seulement 100 euros.
La billetterie, exclusivement accessible en ligne et limitée à 120 000 tickets par édition, est entièrement reversée à une cause caritative. Pour cette troisième édition, 11 millions d’euros – une fois déduit le coût du tableau mis en jeu – seront attribués à la Fondation Recherche Alzheimer, première structure française dédiée au financement de la recherche clinique sur la maladie.
Des millions pour la science, un tableau comme levier
Le concept séduit d’autant plus que chaque participant contribue, quoi qu’il arrive, à une cause d’intérêt général. Fondée en 2004, Recherche Alzheimer finance également des bourses doctorales et postdoctorales et encourage le partage des données scientifiques entre équipes.
Les fonds collectés grâce à cette opération doivent permettre de soutenir de nouveaux programmes visant à mieux comprendre les mécanismes biologiques de la maladie, explorer des pistes thérapeutiques innovantes et améliorer concrètement le quotidien des patients ainsi que celui de leurs aidants.
L’enjeu est d’autant plus pressant que le vieillissement démographique mondial accroît mécaniquement le nombre de personnes touchées. Les deux premières éditions de la tombola ont déjà permis de réunir plus de dix millions d’euros, investis respectivement dans la préservation de la ville libanaise de Tyr, classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, ainsi que dans des projets d’assainissement dans des écoles et des villages au Cameroun, à Madagascar et au Maroc.
Un Picasso de 1941, gardé secret jusqu’à la mort du maître
L’œuvre remportée par Ari Hodara, qui se définit comme amateur d’art, est Tête de femme, une gouache sur papier réalisée en 1941 représentant Dora Maar, figure majeure dans la vie et l’œuvre de Picasso.
Le peintre avait conservé cette pièce dans son atelier jusqu’à sa mort, sans jamais s’en séparer, signe d’un attachement particulier à cette création née dans une période de fortes turbulences personnelles, marquée notamment par l’effondrement de son premier mariage.
Claude Picasso, membre de la famille de l’artiste, a salué, selon des propos rapportés par l’Associated Press, une initiative « originale et puissante, qui met l’art au service des autres ».
